L'origine de la musique de Scionzier remonte probablement au début du 19ème siècle comme pour la plupart des sociétés musicales dans la région. Mais la constitution officielle de la société de musique pourrait dater de 1838. En effet, un texte d'archive note que le 08 mars de cette année-là, jour de Pentecôte, fut établi un corps de musique. A cette occasion, les musiciens ont fait un banquet présidé par leurs pères de famille. Le jour de la vogue de cette même année, les musiciens ont joué pour la première fois en public.

On retrouve la musique de Scionzier dans une autre prestation quelques temps plus tard, le 12 avril 1842, lorsqu'elle assiste en compagnie des pompiers à la messe donnée en l'honneur du mariage du prince Victor-Emmanuel, fils du roi Charles-Albert avec la fille du vice-roi d'Autriche.

Son adhésion à la réunion annuelle des musiques du Faucigny se situe entre 1850 et 1856. En effet, elle ne figure pas encore sur le programme de 1850 mais est présente dans un long poème de 1856 décrivant cette fête.

 

En 1898, elle se dote de statuts et prend le nom des « Enfants de l'Industrie ». Les occasions de se produire à l'époque sont de trois natures : les fêtes patriotiques (14 juillet), les fêtes civiles (la vogue) et les circonstances heureuses ou malheureuses de la vie des membres actifs ou bienfaiteurs.

On interprétait essentiellement des morceaux de musique dite légère ou des marches. Musicalement, le niveau est bon comme le prouvera l'année 1924.

Cette année-là, l'harmonie décide de se présenter au concours de musique de Mâcon qui a lieu les 15 et 16 août.

Bien lui en prit car elle en revient couverte de lauriers avec un premier prix en lecture à vue, un premier prix d'exécution ascendant et un premier prix d'honneur ex-aequo.

A partir de 1925, la société déménage et va désormais répéter au lieu-dit « Miosinges » dans la maison de Jules Dépéry dit « Babet ». Elle y restera jusque dans les années 30. A partir de cette date, les répétitions se passeront à la salle des fêtes. Scionzier accueillera à trois reprises la fête des vieilles casquettes : en 1933, 1960 et 1973. Entre temps, la salle de répétition s'est déplacée à la « vieille école », cet ancien bâtiment désormais inclus dans la nouvelle école maternelle.

Comme dans nombre de sociétés musicales du Faucigny, on va comprendre que le salut ne peut passer que par la formation des jeunes et une hausse du niveau d'ensemble.

Il faudra attendre 1974 et la présidence de Charles Jolivet pour que les choses évoluent.

La municipalité va procéder au recrutement d'un directeur professionnel, lauréat du conservatoire, Alain Sanchez. Celui-ci va très vite créer la première école de musique qui dès son ouverture a un réel succès : 60 enfants vont venir s'y inscrire. Les locaux de cette école ainsi que la salle de répétition intègrent le bâtiment de la « coop » rénové dans la rue des Acacias. En 1977, Alain Sanchez quitte Scionzier et est remplacé par Guy Friquet.

Scionzier est entre temps devenu chef-lieu de canton et à ce titre décide de postuler pour l'organisation de la fête des musiques du Faucigny. L'accord lui est donné et le rendez-vous est pris pour 1980.

Pour l'occasion, les musiciens se lancent un défi encore impensable quelques années auparavant : enregistrer un disque. Guy Friquet quittera la région en 1983. Il sera remplacé durant un peu plus d'une année par Eric Basserie. Puis en 1985, la société connaîtra un changement de président avec Marcel Anthoine et un nouveau directeur, Walter Panziera, lui-même ancien élève de l'école de musique. L'enseignement y a d'ailleurs été repensé puisque depuis cette date, un enseignant par instrument a été recruté.

La seconde fête des musiques du Faucigny se tint à Scionzier en 1994 sous la double présidence de Charles Jolivet et Pierre Caul-Futy.

Cette fête revient à Scionzier en 2007. La présidence de la société est assurée actuellement par Frédéric Lacroix.

L'école de musique est devenue un service municipal. Son directeur est Ferdinand Dépéry qui dirige également l'orchestre d'harmonie.

Outre les services municipaux qu'elle anime, l'harmonie municipale monte un spectacle par an sur un thème à chaque fois différent. Elle a également un programme d'animation très festif. Au sein de l'école de musique, a été développé un pôle jazz avec un big band, le « big 16 », qui se produit sur les scènes de la région.

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